Henri Ribot, passeur d’histoire
À 82 ans, Henri Ribot n’a rien perdu de sa curiosité ni de ce goût très rare pour la transmission, celle qui donne envie de comprendre plutôt que de réciter. Historien de la Provence, médiéviste, archéologue depuis 1972, il a consacré sa vie à explorer les racines du territoire, en reliant la grande histoire aux lieux familiers, ceux que l’on traverse chaque jour sans toujours soupçonner ce qu’ils portent.
Son parcours, à la fois dense et singulier, raconte déjà une certaine idée du service : professeur d’histoire-géographie au collège Beaussier, puis chef d’établissement dans l’enseignement public et privé, il a également été officier d’artillerie. Autant d’expériences qui ont forgé une parole précise, structurée, et un regard de terrain : celui d’un homme qui sait que l’histoire n’est pas un décor, mais une matière vivante.
Une vie à transmettre, une vie à chercher :
Dès 1978, Henri Ribot concourt à la création à Toulon du Centre archéologique du Var, chargé, sous l’autorité du ministère de la Culture, d’identifier les sites sensibles et de mener des fouilles de vérification. Entre 1982 et 1994, il participe à un vaste programme de recherches sur l’Ouest varois, couvrant treize communes. Objectif : repérer et cartographier les zones sensibles, afin que les vestiges ne disparaissent pas sous les chantiers. Un travail de fond, qui a contribué à intégrer l’archéologie dans les documents d’urbanisme et à renforcer ce que l’on appelle aujourd’hui l’archéologie préventive : cette démarche qui consiste à étudier les sols avant les travaux, pour préserver la mémoire des lieux.
La surprise de La Courtine : un trésor caché dans les fondations :
Parmi les souvenirs les plus marquants de l’archéologue, il évoque la découverte d’un trésor à Ollioules, sur le site de La Courtine. « Rien ne nous indiquait que nous allions trouver cela. C’est un site qui avait déjà été fouillé. C’était une belle surprise», raconte-t-il.
Dans les anciennes fondations de maisons, le chercheur met au jour des pièces vieilles de plus de 2000 ans à l’effigie de dieux et de déesses, témoins d’un autre rapport au monde : « À cette époque, la monnaie n’était pas considérée comme quelque chose fait pour le commerce. C’était une protection, au plus on en avait chez soi, au plus on pensait éviter les difficultés de la vie.», explique-t-il. Une reproduction du trésor découvert à La Courtine est visible au musée Bottin-Layet, situé 1217 avenue Jean-Monnet à Ollioules, comme une invitation à prolonger la découverte.