BD LA GROTTE COSQUER MEDITERRANEE

La grotte Cosquer, récit d’une découverte engloutie :

Il est des découvertes qui ne s’imposent pas immédiatement comme des évidences. La Grotte Cosquer fait partie de celles-là. Longtemps invisible, longtemps tue, elle est aujourd’hui reconnue comme l’un des témoignages préhistoriques les plus singuliers au monde, dissimulé sous les eaux de la Méditerranée.

Un homme face à l’inattendu :

À l’origine de cette découverte, il y a Henri Cosquer. Plongeur professionnel français, né à Martigues, il explore dans les années 1980 les fonds marins au large de Marseille. À près de 37 mètres de profondeur, il s’engage dans un boyau immergé, sans savoir qu’il s’apprête à pénétrer dans l’unique grotte sous-marine du monde ornée de peintures paléolithiques.

Plongée après plongée, il s’enfonce toujours plus loin dans cette cavité mystérieuse. Jusqu’au jour où il atteint une salle où il peut émerger, hors de l’eau.

« Je me suis retrouvé hors de l’eau, dans un endroit où personne n’était censé être. L’étrangeté du lieu m’a frappé, pas encore son importance. J’ai enlevé mon masque pour goûter l’air. Cela aurait pu être dangereux », confiera-t-il plus tard.

À cet instant, il ne mesure pas encore la portée de ce qu’il vient de découvrir. Les parois portent des traces, des formes, des figures. Rien qui, sur le moment, ne s’impose comme une certitude archéologique.

Le temps du secret et celui des archives :

Conscient de la fragilité du site, Henri Cosquer garde le silence. Officiellement, la grotte n’existe pas. Officieusement, elle se murmure dans le milieu de la plongée. Durant ces années, le plongeur photographie, filme, documente, constituant des archives précieuses, guidé par l’intuition que ce lieu ne pourra pas rester éternellement accessible.

Le secret vole en éclats au début des années 1990, à la suite d’un drame : trois plongeurs tentent de rejoindre la cavité et se retrouvent piégés dans le long tunnel immergé. Ils n’en ressortiront pas. L’existence de la grotte est alors révélée, et son accès définitivement condamné par une grille métallique.

Un témoignage venu d’un autre climat

Lorsque les scientifiques investissent le site, l’ampleur de la découverte apparaît : près de 500 représentations pariétales, datées de deux grandes phases, autour de −27 000 et −19 000 ans. Chevaux, bisons, bouquetins y côtoient des figures plus inattendues sous nos latitudes, comme les phoques et les pingouins. Autant d’indices d’un climat bien plus froid et d’un littoral profondément différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

La grotte Cosquer devient alors un marqueur précieux du temps long, mais aussi un site menacé. La montée progressive du niveau de la mer a déjà englouti une partie des parois, rappelant la fragilité de ce patrimoine millénaire.

 

 

Caroline GONZALES