En ce beau matin de mai 2023 Matriochka organise une sortie au Pays d’Aix à la découverte d’un grand peintre, Max Ernst, et du siège du Canal de Provence au Tholonet.
Nous sommes attendus à l’hôtel de Caumont, haut lieu culturel de la ville d’Aix, par notre guide émérite Nicole de Palatinat.
L’exposition « Max Ernst Mondes magiques, mondes libérés » nous ouvre ses portes.
Plus de 100 œuvres de l’artiste y sont présentées : peintures et sculptures, prêts exceptionnels du Centre Pompidou, de la Tate, du Guggenheim Venise, du Musée Cantini, du Max Ernst Museum de Brühl et de nombreux collectionneurs privés.
Qui était Max Ernst ?
Né en 1891 en Allemagne, son père Philipp lui enseigne très tôt la peinture. Après son engagement pendant la 1ère guerre mondiale, il ressent un fort sentiment de désillusion et la naissance d’un esprit de révolte contre les conventions. Il fonde le mouvement Dada de Cologne et se concentre sur le champ des rêves et de l’absurde.
En 1921 il s’installe à Paris chez Paul Eluard.
Il invente de nouvelles techniques: le frottage, le grattage de pigments sur toiles et le collage.
Un oiseau imaginaire
Fasciné par les oiseaux il créé « Loplop », un oiseau imaginaire qui l’accompagnera dans ses œuvres.
En 1934, Max se lance dans la sculpture : créatures issues de sa mythologie personnelle, (Le Roi jouant à la reine, 1944).
Seconde Guerre mondiale : Max Ernst doit fuir la France pour New York en 1941 avec Peggy Guggenheim, sa future épouse.
Là il côtoie des peintres tels que Marcel Duchamp ou encore Marc Chagall. Il invente une autre technique : le dripping (éclaboussures sur toiles).
En 1953, il revient à Paris, gagne les Biennales de Venise en 1954 et meurt en 1976.
André Breton disait de lui : « l’homme des possibilités infinies ».
Max Ernst a marqué le monde de l’art par son originalité, sa grande imagination, mais surtout son côté provocateur et son non conventionnalisme.
L’exposition autour de grands thèmes des mondes créés par Max Ernst
Nous parcourons l’exposition au travers des thèmes de l’œuvre de Max Ernst : « Au-delà de la peinture », « Éros et métamorphoses », « Un philosophe qui joue », « Mythologies et littérature » et « Les quatre éléments : eau, air, terre, feu ».
Nous découvrons en particulier les œuvres suivantes : « Pietà ou la Révolution la Nuit », « Oedipus Rex », « Monument aux oiseaux », « Le Roi jouant avec la Reine » …
Sur les pas de Cézanne
Nous quittons Aix par la « route Cézanne » en direction du Tholonet, traversant les beaux paysages aimés du peintre et dominés par la Sainte Victoire.
C’est sur ce chemin que Cézanne a peint mainte fois la montagne: depuis un petit promontoire où s’installait l’artiste avec chevalet et pinceaux, le temps pour nous de poser pour une photo de groupe; nous apercevons ensuite le fameux « Château Noir » au-dessus de la route, peint lui aussi par l’artiste.
Et nous voilà arrivés au « Relais Cézanne » pour une pause repas sous la tonnelle : on peut encore y voir la table où l’artiste prenait ses repas!!!
Tout près du relais s’érige le Château du Tholonet, siège de la Société du Canal de Provence (SCP) depuis 1959
Nicole de Palatinat nous explique l’histoire du domaine et ses anecdotes:
Au 12ème siècle existait sur ce site un castrum : « le castrum de Tullone ».
Alexandre Gallifet, président du parlement d’Aix, fit construire le château actuel en 1643, résidence d’été surnommée le « Versailles aixois » accueillant toute la noblesse d’Aix et de Provence. La propriété comprenait également un domaine agricole très important.
Le château fut en particulier le théâtre des amours tumultueuses d’Émilie de Covet de Marignane, épouse de Mirabeau, avec Louis François de Galliffet.
Changements successifs de propriétaires
Acquis en 1885 par un industriel Adrien Pichard puis les Bovis en 1913, oubliés les fastes du 18 ème siècle !! Un incendie attaque une partie du château en 2008; Il est aujourd’hui le siège de la Société du Canal de Provence.
Nous découvrons dans quelques anciennes pièces du château les bureaux de la société, dominés par une ancienne cheminée et les gypseries du 18ème siècle !!
La gestion de l’eau a toujours été un enjeu vital pour notre région.
Une ingénieur de la société nous explique que la SCP distribue l’eau du Verdon dans toute la Provence (116 communes des Bouches-du-Rhône et du Var, Aix-en-Provence, Toulon et Marseille compris), soit une population totale de plus de 2 000 000 d’habitants. Elle assure l’irrigation de 70 000 hectares de terres agricoles et l’alimentation de 8 000 sites industriels de la région.
Nous terminons notre visite par l’extérieur, où nous admirons en particulier les anciens bâtiments agricoles, les restes d’un aqueduc romain, puis l’ancien moulin à huile utilisé aujourd’hui comme salle de formation par la SCP, sans oublier le magnifique jardin orné de fontaines.
C’est riches de découvertes artistiques et techniques que nous quittons en fin de journée le pays aixois, rêvant à un lieu imaginaire où se côtoient un certain Loplop, Cézanne, Emilie de Covet et le Verdon.
Elisabeth Puissant




