Le printemps s’en est allé avec l’arrivée d’un été plus chaud que prévu, mais avec une dizaine de concerts, la plupart joués à guichet fermé, à la Maison du Cygne. C’est dire l’engouement des mélomanes à la Vague Classique. Et voici que s’annonce avec de nouveaux rendez-vous, en juillet, toute une série de récitals interprétés par des artistes dont la plupart de renommée internationale.
Après la Maison du Cygne, place à la Villa Simone et à la Collégiale Saint-Pierre où sont programmés huit événements musicaux exceptionnels, tant par la qualité des œuvres proposées que celle des interprètes archiconnus. Autant de rendez-vous à marquer d’une pierre blanche et qui, c’est quasiment une certitude à présent, ne se reproduiront, hélas, plus, puisque la nouvelle municipalité en a décidé ainsi.
Samedi 4 juillet, un Piazzola jubilatoire

Pour débuter ce mois de juillet (le 4 à 20h30), la Villa Simone va assister à un spectacle jubilatoire sous le signe d’Astor Piazzola, le célèbre compositeur argentin qui est parvenu à donner au tango ses titres de noblesse.
Très jeune, dans les années vingt à Buenos Aires, Astor Piazzola, fils d’immigrés italiens, découvre le bandonéon, puis JS Bach grâce à un voisin qui joue du piano, Bela Wilda, ancien élève de Rachmaninov. Il s’imprègne de toutes les cultures musicales à travers des séjours en Europe pour, finalement, se consacrer à la musique reine et populaire d’Argentine, le tango auquel il insuffle un air nouveau, moins populaire mais plus académique. Avec Soledad, Libertango, Adios Nonino et tant d’autres, le succès est triomphal.
Ce sont précisément ces airs célèbres avec beaucoup d’autres du même tonneau que vont interpréter Louise Jallu (bandonéon), Mathias Lévy (violon et guitare électrique), Marc Benham (piano) et Alexandre Perrot (contrebasse)

Samedi 11 juillet, le retour de Paul Lay Trio dans Gershwin
Après l’Argentine, les Etats-Unis et l’un de ses compositeurs fétiches, George Gershwin auquel rend hommage, une nouvelle fois, à Six-Fours (le 11 à 20h30), le Trio Paul Lay à travers ce chef d’oeuvre qu’est Rhapsody in Blue.

Comme toujours, Paul Lay est au piano avec à ses côtés Clemens Van Der Feen (contrebasse et Donald Kontomanou (batterie).
Cette pièce, composée à la demande d’un chef d’orchestre, le fameux Paul Whiteman, a été jouée pour la première fois à New-York en février 1924. Son orchestration ne date que de 1942.
C’est donc la version originale que les mélomanes six-fournais vont entendre grâce à ce trio exceptionnel qui a su conquérir les places les plus enviées du jazz classique.
Jeudi 16 juillet, soirée JS Bach à la Collégiale
Aucun cadre ne semble aussi approprié que la Collégiale Saint-Pierre pour écouter du Bach, père de toutes les musiques.Et qui plus est, les 30 Variations Goldberg qu’interprétera Paolo Zanzu, une figure majeure du clavecin en Europe.

Initialement composé pour deux clavecins, ce chef-d’oeuvre, articulé sur un thème – Aria-, est d’une beauté inouïe qui bouleverse l’esprit et l’amène vers la méditation. Aucun mélomane ne reste indifférant à cette musique composée par JS Bach à l’automne de sa vie, donc en pleine maturité.
Paolo Zanzu tire du clavecin toute sa richesse de timbres et de couleurs, et des possibilités expressives jusque-là inconnues . Ce surdoué est né en Sardaigne en 1984. Très jeune il est attiré par le clavecin et le pianoforte. Plus tard, il devient professeur de musique sarde avant d’être reconnu comme un spécialiste du clavecin.
Pour la première fois, le Quatuor Modigliani
Samedi 18 juillet, à la Collégiale, la Vague Classique accueille pour la première fois et probablement la dernière, le Quatuor Modigliani dans un programme consacré à Beethoven et Brahms.

Cet ensemble de cordes a été créé il y a 23 ans par quatre étudiants du Conservatoire national supérieur de musique de Paris et a fait ses débuts à Berlin. De succès en succès, de premiers prix en premiers prix glanés lors de nombreux concours, il est devenu une présence incontournable des scènes internationales, du Carnegie Hall de New-York au Kennedy Center de Washington en passant par La Roque d’Anthéron.
La Collégiale sous le charme de JC Spinosi et Patricia Petitbon…
Un autre événement phare de ce prestigieux Festival est le concert, dimanche 19 juillet à la Collégiale qui accueille une fois de plus, au grand plaisir des mélomanes, Jean-Christophe Spinosi à la tête de l’Ensemble Matheus. Avec une cantatrice qu’on ne présente plus tant elle est ovationnée sur les scènes internationales, Patricia Petitbon.
Le fougueux chef-d’orchestre et la sublime voix colorature vont certainement enchanter les mélomanes sous les voûtes de ce monument historique qui, peu à peu, depuis plus de vingt ans déjà, grâce, à Spinosi s’est habitué, à l’excellence.Un mot bien modeste quand on songe au programme baroque proposé (Purcell, Haendel, Charpentier, Jose de Nebra et Rameau)
…et le lendemain, le Messie de Haendel
Lundi 20 juillet, on reste dans l’univers de la musique baroque avec le Messie de Haendel : Jean-Christophe Spinosi au pupitre de son Ensemble Matheus, deux très belles voix, Nina Spinosi (Soprano) et Gaël Lefèvre (Ténor).
Et mercredi 22 juillet, cerise sur le gâteau : les musiciens de l’Académie Stauffer se joignent à l’Ensemble Matheus pour un superbe concert « Hommage à l’Italie » avec des œuvres de Mozart, Schubert, Rossini et Mendelssohn).
François Kibler



