AVEC JEAN-CHRISTOPHE SPINOSI ET SON ENSEMBLE MATHEUS LE PUBLIC A ETE AUX ANGES A LA COLLEGIALE

Jamais public n’a jamais été autant aux anges que ce 15 juillet au soir dans la Collégiale de Six-Fours où il avait rendez vous avec Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus pour une œuvre magistrale, les Vêpres de Monteverdi.

Heureusement que le mot perfection existe dans notre belle langue de Molière. Et heureusement qu’il est possible d’en qualifier un événement culturel. Le concert donné à la Collégiale de Six-Fours par Jean-Christophe Spinosi à la tête de l’Ensemble Matheus pour interpréter les Vêpres de Monteverdi mérite ce qualificatif et même au-delà. C’est peut-être même la plus brillante, la plus percutante de ses trouvailles, saluées par de très longues ovations.

Pas facile, plutôt complexe, cette musique composée en 1610 qui se situe entre Renaissance et baroque.

Pendant une quinzaine d’années, Jean-Christophe Spinosi s’est penché sur cette partition des Vêpres de la Vierge de Monteverdi, en a étudié les moindres détails, l’a travaillée et retravaillée avec ses musiciens qui l’accompagnent partout dans le monde.

Le plus grand œuvre de la musique classique

Cette persévérance a abouti à une vision plus moderne, plus aérée de cette œuvre que Jean-Christophe Spinosi considère comme la plus importante du répertoire classique.

Pour preuve, voici donc le maestro face à son Ensemble, sous les voûtes de la Collégiale. Le silence se fait, il lève ses bras, les abaisse et c’est tout de suite un déchaînement de musique, de choristes, du jamais vu, qui résonne jusqu’au fond du sanctuaire…

Cette musique vieille de quatre siècles, interprétée jusqu’ici de façon timide, souvent fade, prend subitement une autre dimension et s’insère dans notre époque malgré ses embûches dont Spinosi se joue à merveille ;

Et ce diable d’homme se démène comme un habile magicien pour exploiter l’infinie richesse d’une partition ultra complexe avec ses nombreux changements de cadences, ses « forte » alternant avec des soupirs et des quasi silences…Ainsi, sous la conduite de Jean-Christophe Spinosi, ces Vêpres vont du recueillement le plus dépouillé à la virtuosité la plus échevelée, mettant en lumière l’exceptionnel talent des solistes et des musiciens, notamment ceux aux pupitres des flûtes et des violons.

Que dire d’autre sinon que les mélomanes réunis à la Collégiale ce soir-là ont assisté à un événement rare à marquer d’une pierre blanche.

François Kibler